Chronique matinale
Transition post burn out.
Lever entre 4h55 et 5h25, selon mes capacités du jour.
Je commence à travailler à 6h du matin.
Je croise les fêtards de la veille. Ils ont sûrement lancé les hostilités alors que j’allais me coucher.
Je croise les éternels travailleurs de l’ombre. Sujets obsessionnels des plateaux de commentateurs déconnectés, bien qu’ironiquement ignorés pour être mieux pris pour acquis.
Je dis bonjour à l’éboueur que je croise tous les matins à l’aube, j’adore.
J’ai découvert le tuning de camions de livraison ! J’ai essayé de deviner les références correspondantes, souvent sans succès.
J’en ai plus croisé en travaillant en périphérie que dans le centre, où les enseignes se font plus reines que la créativité des routards.
Je suis invitée dans les coulisses des cycles saisonniers et de leur subtilité.
Je vois l’angle de la danse entre ombres et températures évoluer au fil des heures et des jours.
Je suis, en hiver, au premier rang de l’exposition des tableaux créés par la chute (insuffisante) des feuilles d’arbre.
Je peux, en été, profiter d’un lever à 22° et aller travailler en débardeur lors des épisodes de canicule. Humble exploit de personne frileuse !
Je rentre à vélo électrique en dix minutes au lieu de fondre dans les transports en commun.
Je constate alors l’importance de sortir de l’ère des villes bétonnées, sous peine de brûler par réverbération des rayons solaires sur le bitume.
Je rencontre des vespas triplées, c’est drôlement beau.
Une routine poétique, en somme.



